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 Ethologie et respect du cheval

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Joey
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MessageSujet: Ethologie et respect du cheval   Dim 21 Mar - 13:15

Le rêve du centaure : le « libre ». Equivalence de la tradition classique de légèreté et de l’équitation dite éthologique

Les maîtres classiques soulignent que dans l’équitation de légèreté, le semble absolument libre et paraît « se diriger à sa guise ». Beudant nous précise : « Le cheval doit conserver son équilibre sans le secours des aides ». D’Aure conseille de « placer le cheval et le laisser faire de lui-même au lieu de l’y contraindre ». D’Orgeix évoque le cadre des aides dans lequel le cheval se trouve « en pleine liberté musculaire ». Et Nuno Oliveira de conclure : « Les cavaliers qui laissent leurs chevaux libres sont ceux qui peuvent goûter les délices de l’art équestre. »
L’équitation éthologique poursuit le même rêve : communiquer avec le cheval dans une relation de confiance et d’harmonie comme s’il faisait ce qu’on lui demande pour nous faire plaisir.
Comment parvenir à un tel résultat ? « La connaissance du naturel d'un cheval, est un des premiers fondements de l'art de le monter, et tout homme de cheval en doit faire sa principale étude » écrivait La Guérinière au début du XVIIIème siècle.
De l’autre côté de l’Atlantique, J. S. Rarey au XIXème siècle constatait que « le cheval n’a l’idée de résister que lorsque son maître viole les lois de sa nature. »
Ces deux équitations ont un même objectif : éduquer le cheval dans une culture de non- conflit, en recherchant son adhésion. Pour l’atteindre, toutes deux lui proposent le même « contrat » : le cavalier déclenche le mouvement par l’action de ses aides (elles sont alors parlantes) et « rend » dès que le cheval lui donne la bonne réponse (elles deviennent silencieuses).
Sur cette base, l’une a développé un art parvenu à des sommets, réservée par la force des choses à une élite, l’autre privilégie le relationnel et s’ouvre à tout un chacun.
Leur fusion crée une équitation totale qui entraîne une révolution majeure : faire entrer le couple cavalier-cheval de plain pied dans l’équitation de légèreté dès les premiers pas de la relation.
Constatons que le terme « Dressage » utilisé dans les Galops n’a pas grand chose à voir avec l’éducation de l’animal. Il s’agit de ce qu’on appelait autrefois « l’emploi des aides ». Cette désinformation est source de confusion dans l’esprit du cavalier : il demande le mouvement en plaçant ses aides comme on le lui a appris et s’aperçoit qu’il se heurte souvent à des résistances incompréhensibles de la part de l’animal. Il se remet alors en question sans se rendre compte qu’en fait, sa monture n’a tout simplement pas reçu l’éducation nécessaire pour comprendre sa demande.

Concrètement de quoi parle-t-on ?

- Objectif général : éduquer son cheval de manière à ce que le rôle du cavalier passe de celui de chef (qui impose) à celui de leader (qui guide).
- Comment ? En remplaçant la relation habituelle de conflit : "prédateur-proie" par une relation de collaboration (le cavalier devenant un meneur de jeu).
- Fondements de cette relation ?
- L’ascendance hiérarchique qui entraîne le respect et l'attention indispensables.
- Le pacte d'amitié véritable « guide de travail » d'où résulte la confiance et une équitation d‘adhésion
- Mise en œuvre ? Par une pédagogie du jeu : « Je te fais une demande, si tu trouves la bonne réponse, la situation devient gratifiante pour nous deux. »
- Objectifs d'apprentissage ? Apprendre au cheval à mobiliser ses facultés pour répondre à nos demandes (impulsion), passer d’une communication « action-réaction » à un langage que le cheval « comprend », et par voie de conséquence désamorcer les réflexes de fuite ou d'opposition.
- A quoi cela sert-il ? Le cheval étant devenu respectueux, attentif, confiant et « malléable », le cavalier peut alors dans les meilleures conditions développer ses talents dans sa discipline de prédilection.

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MessageSujet: Re: Ethologie et respect du cheval   Dim 21 Mar - 13:18


Approche éthologique de l’équitation de légèreté, les préceptes de base


Principes fondamentaux

- Le cavalier assume son rôle de chef (celui qui organise l’activité de son ) et de dominant (celui qui lui demande de céder aux pressions que ses aides exercent) en créant une relation où il apparaît comme un supérieur hiérarchique. Cette relation est nécessaire pour que le cheval accepte d’être dirigé.
- Elle ne sera suffisante que si le cavalier respecte la nature de l’animal à travers les manifestations d’un pacte d’amitié : bienveillance de base, refus du conflit, tact de la demande, évolutions dans le calme, utilisation de l’aide fixe (voir ci-après).
- En bref, l’attitude du cavalier sera celle d’un meneur de jeu.
- C’est en désensibilisant le cheval à tout ce qui peut l’effrayer dans son environnement humain et en lui apprenant à céder de bon gré aux pressions qu’il exerce sur lui que le cavalier entre dans une équitation d’adhésion et de légèreté.

Principe du cadre (ou de l'inconfort-confort)

Il sera notre guide permanent. Chaque mouvement — dans le travail à pied comme dans le travail monté — s’inscrit dans un cadre (déterminé par nos aides). Lorsque après avoir déclenché le mouvement (inconfort), le cheval entre dans ce cadre, nos aides descendent et le cheval, en pleine liberté musculaire, « se soutient de lui-même » (légèreté et confort). S’il en sort les aides « remontent » et reprennent leur action (inconfort).

L’aide fixe, clef d’or de l’équitation de légèreté

Pour que l’aide soit fixe (en barrière), le cavalier la positionne, puis augmente progressivement sa pression sans modifier son emplacement : elle « prend ». Lorsque le cheval cède, cette aide reste toujours à la même place mais son inconfort disparaît : elle « rend ».
Nous voyons qu’elle n’avance ni ne recule.
Une barrière peut être une main ou une jambe fixe, une badine, une attitude corporelle, la voix, une trajectoire, bref tout ce qui « fait obstacle » au cheval de façon neutre.
Elle est fixe par rapport au cheval ou à certaines parties de son corps, et mobile puisqu’elle se déplace avec lui.
Elle est impulsive : elle déclenche un mouvement et entraîne un positionnement. L’important est que le cheval la respecte. Elle peut être aussi solide qu’un mur si le cheval résiste, ou délicate comme un fil de soie s’il cède.
Sa finalité est de devenir une indication, un langage.

« Prendre » ou l’art de déclencher le mouvement

Lorsque nous déclenchons un mouvement, agissons progressivement (« poil, peau, chair, os »), en prenant notre temps (comptons jusqu’à 4 ou plus entre chaque paliers) pour être sûrs de ne pas dépasser la mesure (l’inertie du cheval). Mais elle ne tire ni ne pousse.
Il suffit de dépasser la juste mesure pour que le cheval monte en tension, manifeste sa désapprobation par des résistances et perde la confiance qu’il avait en nous.
« C’est toujours un trop grand emploi de la force de la part du cavalier qui amène les défenses » (Baucher).
« Rendre » ou l’art de croire en son cheval
Ensuite (et c’est le plus important) nous « rendons » lorsque le cheval qui a cédé s’installe dans le mouvement. Cette descente des aides, en créant une situation de confort, lui indique clairement qu’il a trouvé la bonne solution. Contrairement à l’action progressive du « prendre », celle de « rendre » est immédiate.
« En art équestre, tous les prétextes sont bons pour rendre » (Nuno Oliveira).

La technique du « Prendre-rendre »

Utilisée pour désamorcer les résistances, elle consiste à fractionner notre demande. Nous prenons et fixons notre aide mais, sans attendre le résultat, nous rendons aussitôt. Pour reprendre l’instant d’après et rendre à nouveau. Et ainsi de suite dans une sorte de « pompage » bien marqué jusqu’à amener le cheval à nos fins.
C’est ainsi par exemple que l’on demande une flexion d’encolure à 90°.
Elle est très formatrice pour le cavalier qui prend ainsi l’habitude de ne plus tirer et acquière tact et doigté.

Les Rassemblers

Rassembler mental.

Il est la marque du respect et de l’attention que le cheval porte à son cavalier. Il s’obtient en particulier par le travail à pied dans le rond de dressage et s’entretient par une attitude constante et cohérente de « supérieur hiérarchique » qui pourrait se résumer par « c’est toi qui te déplace par rapport à moi » et non l’inverse.

Rassembler émotionnel.

Il découle du rassembler mental dans la mesure où, ayant obtenu le respect de votre cheval, il est prêt maintenant à vous accorder sa confiance. Celle-ci résulte du pacte d’amitié que nous allons mettre en œuvre : bienveillance de base, refus du conflit, tact de la demande, évolutions dans le calme, utilisation de l’aide fixe et du cadre, technique du « prendre-rendre », considérer le cheval comme une personne, etc.

Rassembler physique et impulsion.

Des deux rassemblers ci-dessus découlera l’impulsion, disposition par laquelle le cheval mobilise ses facultés physiques et psychiques pour faire ce que lui demande son cavalier. C’est en fonction de l’attention qu’il porte à son cavalier que le cheval se met en impulsion.
De cette impulsion s’ensuit une mobilisation de forces qui engendre le mouvement et l’équilibre qui lui correspond. C’est ce rassembler (cette impulsion) que nous cherchons à obtenir dans un premier temps.
L’important est la légèreté, c’est-à-dire l’animal qui se soutient de lui-même dans le cadre du mouvement (le cheval en auto-impulsion qui « joue le jeu » et prend l’initiative du geste).

Le rassembler cavalier.

Il s’agit d’un « savoir-être » préalable au « savoir-faire ». Le cavalier-meneur de jeu aura en toute circonstance l’autorité d’un maître, le calme d’un moine, la bienveillance d’un père.
- Règle absolue : refuser le conflit. Notre obsession doit être de travailler en champ détendu (voir plus loin « les champs de vie d’un animal »). Dès que le cheval se bloque et monte en tension, nous arrêtons tout, calmons le jeu... et recommençons.
- Etre centré, concentré... et détendu. Aides : centrage, respiration, regard global. Gardons nos distances par rapport à notre mental ordinaire (siège de nos émotions et de nos pensées parasites) et plaçons-nous sur le plan d’une conscience plus profonde, plus sereine (cf. les arts martiaux orientaux).
- Agir sur deux niveaux de conscience : celui de l’acteur impliqué dans l’action mais aussi celui du metteur en scène, capable d’analyser la situation, de percevoir l’apparition de tensions, de s’autocritiquer, d’adapter ou de corriger sa demande…
- Etre fixé sur ce que l’on veut faire. Pour cela envisageons chaque exercice comme un cycle que nous programmons à l’avance :
1) Déterminer notre plan d’action,
2) mettre le cadre des aides en place (la position précède l’action),
3) déclencher l’action (les aides agissent),
4) laisser le cheval exécuter l’action à l’intérieur du cadre (les aides descendent),
5) terminer le mouvement (le cheval est un être vivant dont la bonne volonté n’est pas illimitée).
- Considérer chaque exercice comme un jeu, une danse. Mon cheval le fait-il bien ? A-t-il compris ce que je lui demandais ? Ne devons nous pas recommencer ? Est-on toujours complices ?
- Enfin, récompenser beaucoup. Toute notre équitation est basée sur le pacte d’amitié avec notre cheval. Il doit se manifester concrètement. Évitons les injures qui polluent la relation et n’oublions pas les récréations.

Les devoirs du cheval : être dans l’impulsion

- Respecter son cavalier.
- Etre attentif à lui et se mobiliser pour répondre à sa demande.
- Ne pas fuir. Le cheval peut avoir besoin d’une désensibilisation pour cela.
- Céder de bon gré aux pressions exercées par les aides (donc, ne pas s’opposer).
- Ne pas changer de direction sans l’autorisation de son cavalier.
- Ne pas changer d’allure tant que son cavalier ne lui a pas demandé (auto-impulsion).

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MessageSujet: Re: Ethologie et respect du cheval   Dim 21 Mar - 16:31

Apprivoiser son cheval, un peu d'éthologie

Comment faire pour que le cheval coopère avec nous alors qu'il ne communique pas par la parole ? Les éthologues nous apportent la réponse : soit par la désensibilisation, soit par le conditionnement opérant (sensibilisation à des réponses conditionnées).
La désensibilisation (accepter une selle sur le dos par exemple) se fait, soit par habituation, soit par approximation successive. Cette phase est fondamentale lors du débourrage.
Le conditionnement opérant consiste à obtenir des réponses conditionnées à certains stimuli (céder à une pression de la jambe par exemple). Il s'obtient en utilisant généralement le renforcement négatif qui fait appel à l'initiative du cheval (le cheval trouve la solution en faisant cesser une situation inconfortable) auquel on ajoute avec profit un renforcement positif : caresses, récompenses.
On obtient ainsi la cession aux pressions sur les principales parties du corps (tête, hanches, épaules) base de la future coopération de l'animal.
La désensibilisation du poulain produit un cheval calme et sûr ; sa sensibilisation à certains stimuli produit un cheval respectueux et coopératif. (Robert Miller, La nature du cheval)

Différences entre « chef », « dominant » et « leader »

Le chef est celui qui dirige l’activité de l’autre. C’est une notion spécifiquement humaine qui n’existe pas dans le monde animal.
Le dominant est celui qui impose à l’autre le mouvement ou l’immobilité. Le dominé est celui qui se soumet. C’est une notion typiquement animale (mais aussi humaine).
Le leader est un animal qui n’a aucune prétention hiérarchique dans le groupe mais que les autres suivent parce qu’il est reconnu comme le plus sage et le plus expérimenté. Ce leadership s’exprime souvent d’une manière caractéristique, le cheval « leadé » met sa tête dans la croupe du leader et le suit.
Avec son cheval, l’homme agit en chef puisqu’il dirige son activité en permanence. Il agit également comme dominant puisqu’il lui demande de céder à la pression de ses aides.
L’attitude de meneur de jeu qui entraîne l’adhésion lui permet de passer du rôle de chef à celui de leader. Grâce à son éducation, le cheval perçoit l’action de nos aides, non plus comme un système « action-réaction » auquel il doit se plier mais comme un langage auquel il répond.

Les champs de vie d'un animal

Par ordre d'énergie croissante mise en jeu :
- Le champ détendu (le seul où son entendement est complètement ouvert).
- Le champ de la récupération (tendu).
- Le champ de la subsistance (tendu).
- Le champ relationnel (tendu).
- Les champ de la sauvegarde (dont la survie) (tendu).
Le cheval ne peut apprendre, coopérer ou adhérer que dans le champ détendu.
Il cherche une réponse aux stimuli en explorant chacun de ses champs d'actions par ordre d'énergie croissante. S'il ne trouve aucune réponse, il refoule cette contradiction dans l'inconscient et devient rétif ou caractériel.

Bulles, zones d'influence et attitudes

Tout animal (et donc le cheval) organise autour de lui un espace personnel qui correspond à sa zone de protection et qu'on appelle communément sa bulle. De même, il imagine l'espace de sécurité qui entoure les autres animaux et les perçoit donc virtuellement entourés de leur propre bulle. Ces bulles constituent des zones d'influence respectives dont la taille et la forme varient en fonction de la gestuelle et des attitudes de chacun. L'interaction de l'homme et du cheval se fait par leur intermédiaire.
Dans le travail à pied, le cavalier, en utilisant sa bulle de manière judicieuse et cohérente, va exercer des pressions ou des aspirations qui vont faire réagir le cheval d'autant mieux qu'il aura reconnu dans celui-ci un membre alpha de son groupe.
Dans le travail monté, les bulles s'interpénètrent. Le centrage du cavalier près du cheval est donc prépondérant pour l'équilibrage du couple. Il s'effectue au niveau du hara (centre énergétique situé sous le nombril) et s'obtient par une position juste (celle de l'arbre), une respiration régulière et ventrale ainsi que par une attitude mentale apaisée, patiente et ferme, c'est à dire paternelle.
Dans la mesure où le cheval a reconnu en son cavalier un membre alpha, il adaptera la forme de sa bulle à celle de son cavalier et aura donc tendance à imiter sa gestuelle (isopraxie). Cette danse est de nature à créer des complicités sur le plan affectif (isoesthésie).
Tout ceci ne porte des fruits que si cheval et cavalier évoluent tous deux en champ détendu.

Cheval et vibrations

Mon expérience est que le cheval est un animal sensitif qui perçoit l'homme essentiellement sur un plan vibratoire - énergie qui émane de sa personne, de ses expressions, de son état émotionnel, de ses odeurs, du timbre de sa voix, de ses attitudes, bref de sa bulle. Non seulement il les perçoit mais il s'en imbibe, c'est un extraordinaire récepteur qui absorbe toutes les vibrations de son cavalier et les restitue à travers son comportement.
Dans notre relation avec lui, la vraie question est : - Quelles sont les vibrations qui émanent de ma personne ? qui devrait être immédiatement suivie par celle-ci : - Suis-je en paix avec moi-même ?.
La nécessité de travailler en champ détendu est aussi grande pour le cheval que pour son cavalier. Elle est la clef de la compréhension mutuelle dans le couple et du courant qui passe entre les deux partenaires.

Demande d'un mouvement et respiration

Le rôle de la respiration est essentiel pour éliminer les contractions et insuffler l'énergie et le rythme qui vont initialiser son exécution. Quelle que soit la demande formulée, nous devrions prendre l'habitude de respirer ainsi : 1) Juste avant le mouvement : une ou deux profondes expirations (pour calmer le jeu, nous enraciner dans notre centre... et chasser l'oxyde de carbone de nos poumons) ; 2) Demande du mouvement : a) Inspiration pendant laquelle nous posons le cadre de l'action (mobilisation mentale et positionnement des aides), b) Expiration pendant laquelle nous déclenchons le mouvement.
Remarque : On réalise de cette manière des départs au galop somptueux.

Approche et Temps

Un prédateur se dirige en droite ligne vers l'endroit où il veut aller. La proie utilise l'approche latérale (il biaise avec prudence).
Le prédateur se projette dans l'avenir. C'est un stratège qui sait d'avance. Les proies sont toujours sur le qui-vive, complètement dans l'instant. Le prédateur anticipe, la proie devine. Tous deux sont curieux et attentifs à tout ce qui bouge mais pas du tout de la même façon.

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MessageSujet: Re: Ethologie et respect du cheval   Dim 21 Mar - 16:34

Apprivoiser son cheval, mais encore…

Les trois principes de John Rarey

Principe d'obéissance : de nature égocentrique et donc incapable de se mettre à la place de l'autre, le cheval est naturellement de bonne volonté, dans la mesure où l’on respecte sa nature.
Principe de douleur : tant qu'il n'a pas mal, le cheval peut tout supporter.
Principe de force : tant que le cheval n'a pas testé sa suprématie, il ignore qu'il est plus fort que son cavalier.

Le paradoxe du travail cavalier

La règle normale est de finir le travail que l'on a commencé. Elle est dans la nature du prédateur : aller jusqu'au bout de son action.
En équitation, c'est le contraire. L'action s'engage avec toute la concentration et le doigté nécessaire à son exécution mais on ne la termine pas. Soit que le cheval y réponde positivement et il y a lieu alors de le laisser faire puisque c'est lui l'exécutant. Soit qu'il s'y oppose, et comme nous refusons le conflit, il y a lieu alors de s'arrêter immédiatement pour que le cheval rentre le moins possible en tension, et de recommencer.
Tout ceci ne peut se faire que si cavalier et monture sont tous deux détendus.

Main accompagnante et main fixe (en barrière)

Main accompagnante = main en descente. Cette main, liée à la bouche du cheval, est silencieuse. Le cheval est alors dans une situation de confort.
La main fixe est une main qui parle, elle demande un mouvement et un positionnement. D’une part elle propose (et ne soumet pas), d’autre part elle évite l’appui constant.

Les équilibres longitudinaux du cheval

Arrêt : 55 % du poids sur l'avant-main.
Pas : 60 % du poids sur l'avant-main.
Trot : 50 / 50.
Canter : 40 % avant-main, 60 % arrière-main.
Galop allongé : 50 à 70 % du poids sur l'avant-main.
Reculer : 60 % du poids sur l'arrière-main.

… plus quelques rappels concernant le contrôle de ces équilibres

-Transitions descendantes : le cheval ralentit en se grandissant (de l’avant-main) et en se portant (avec l’arrière-main) (c’est également ainsi qu’il se rassemble). Cela entraîne un transfert de la masse sur les hanches. Le cavalier l’obtient soit avec le collier d’encolure, soit avec le mors, en montant les mains et en inclinant légèrement le buste vers l’arrière. On dit que le cheval se rééquilibre. Nota : l’inspiration favorise ce mouvement.
-Mains qui s'ouvrent et libèrent la tête du cheval couplées avec des jambes actives entraînent l'accélération du cheval par perte d'équilibre (transfert du poids sur les épaules).
-Mains qui fixent la tête du cheval couplées avec des jambes actives entraînent les mouvements par prise d’équilibre.

…et le langage du mors (de filet)

L’action du mors sur la commissure des lèvres relève le bloc tête-encolure et provoque le ralentissement. Plus discrète, elle décontracte la mâchoire.
L’action du mors sur les barres demande une cession de nuque.

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MessageSujet: Re: Ethologie et respect du cheval   Dim 21 Mar - 16:38

Quelques exercices susceptibles de structurer le mental du cheval

Lorsqu’on éduque un cheval, on assiste parfois à des miracles. Tout à coup le cheval cesse de s’opposer. Il y a un avant et un après. Comme si la personnalité de l’animal se modifiait, soudainement et profondément. Que s’est-il passé et comment parvenir à un tel résultat ?
D’une manière générale, l’éducation a deux fonctions principales :
- développer les capacités de l’élève,
- le structurer pour lui permettre d’affronter des situations nouvelles et de s’insérer dans un système a priori étranger, donc hostile.
L’objectif de structuration consiste à donner à l’élève-cheval des « habiletés » qui vont lui permettre de gérer des situations qui le dépassent, donc génératrices de stress et de résistances. Il nous incombe de déceler ces situations, ensuite de lui proposer des exercices structurants qui lui permettront d’y faire face.
Quatre cas de figure reviennent de manière récurrente

Obtenir un mouvement dans la durée

Si le cheval en liberté sait déjà faire par lui-même tout ce qu’on lui demande en équitation, il n’a pas l’habitude de le faire dans la durée. Nous aurons donc à lui apprendre à rester dans le cadre d’un mouvement un certain temps, sans qu’il se rebelle. Un exercice particulièrement adapté pour résoudre ce problème est celui des « Allures et transitions » en liberté dans le rond de dressage (nous en donnons un aperçu dans la rubrique « Travail en liberté »).

Apprendre à gérer le poids du cavalier

Autre difficulté : gérer le poids du cavalier. Le cheval, naturellement sur les épaules voit cette tendance s’accentuer lorsqu’il a le poids d’un cavalier sur le dos. Cela peut le mettre très mal à l’aise s’il ne sait comment réagir. Une fois le cheval éduqué à céder au collier d’encolure, son utilisation sera souveraine pour lui apprendre à gérer son équilibre dans les transitions descendantes et les reculers. Nous abordons cet exercice dans la rubrique « Travail monté » (« Troisième temps : travail sans rênes »).
A titre anecdotique, j’avais à rééduquer une petite jument vif-argent réputée intouchable (à majorité de sang arabe) qui, après avoir éjecté régulièrement ses cavaliers à la suite d’un débourrage trop expéditif, avait été laissée dans un pré avec deux compagnons pendant deux ans sans être ni travaillée, ni montée.
A la suite d’une rééducation progressive au sol telle que décrite ci-dessus (durée : un jour et demi), elle acceptait de se laisser monter. Avec le collier d’encolure, je remarquais que, si elle comprenait bien comment s’arrêter, elle éprouvait visiblement des difficultés pour exécuter le pas de reculer que je lui réclamais ensuite.
En associant cette demande à une autre qu’elle connaissait déjà (tapotement du stick sur le poitrail), elle comprit tout à coup comment faire. Ce fut pour elle une révélation. Dans la sortie qui suivit, plus d’opposition, des ralentissements et des arrêts à la demande avec le collier et des galops parfaitement équilibrés. La jument savait maintenant comment gérer ses équilibres avec mes 80 kilos sur le dos. C’était un autre cheval.

Contrôler la tête

Troisième difficulté majeure : le cavalier va demander à son cheval de lui donner sa tête, pour tourner, ralentir ou s’arrêter. Elle est pour lui tabou, siège de son indépendance et de ses équilibres. Comment faire pour qu’il l’accepte sans résister ? Indépendamment des désensibilisations nécessaires, les flexions résolvent ce problème, et en particulier la flexion de nuque. Ce placer l’apaise comme si, désormais, il pouvait s’en remettre à son cavalier en toute confiance.
Là encore, une anecdote : Eos, hongre de dix ans n’arrêtait pas de protester contre l’action des rênes. Au cours d’un stage où il apprenait à devenir malléable mais toujours avec ce problème de tête, je le travaillais monté d’abord en collier d’encolure avant de lui demander avec les rênes des flexions de nuque par des « prendre-rendre » successifs (sorte de pompage régulier qui fractionnent la demande – voir les « préceptes de bases » au chapitre « Apprivoiser son cheval »). Soudain il cédait et se plaçait. Dans ce cadre du « ramener », Eos avait trouvé l’apaisement, la structure qui le rassurait et dans laquelle il n’avait plus à lutter. Un autre cheval était né.

Obtenir l'immobilité

Par l'immobilité obtenue dans la légèreté (cheval libre l'intérieur du cadre correspondant), on lui donne le moyen de s'assagir et de se calmer.

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MessageSujet: Re: Ethologie et respect du cheval   Aujourd'hui à 20:09

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