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 Le soin des pieds

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Joey
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MessageSujet: Le soin des pieds   Sam 18 Sep - 21:53

Introduction

L'entretien des pieds est une des pratiques les plus négligées de l'entretien du cheval.
On peut prévenir la majorité des boiteries qui diminuent l'utilisation du cheval, en lui apportant des soins adéquats aux pieds et un entretien raisonnable.
Les pieds du cheval doivent être l'objet de soins quotidiens de la même façon que le sont l'alimentation et l'approvisionnement en eau.
Les soins des pieds doivent inclure :
- le nettoyage quotidien;
- le parage périodique;
- la correction d'imperfections mineures;
- le traitement des maladies et blessures des pieds.
Tout propriétaire de chevaux est en mesure d'assurer la plupart de ces soins. Il est toutefois important de consulter un professionnel, spécialement lorsqu'un ferrage correctif est nécessaire et lorsqu'il est question de traitement et de lutte contre les maladies.
Pour bien comprendre les soins à apporter aux pieds des chevaux, il est d'abord important d'étudier et de comprendre la structure du pied et les fonctions de ses différentes parties. Les principales parties du pied du cheval sont : la muraille, la couronne, la sole et la fourchette ainsi que les structures internes telles les os, les cartilages, les tendons et le tissu conjonctif. Les structures internes ne seront étudiées que brièvement dans cette fiche technique.


Muraille du sabot

Elle doit être épaisse, lisse, sans fissures ni crevasses. Vue de profil, la muraille de la pince devrait être en continuation avec l'inclinaison du paturon.Les principales fonctions de la muraille sont :
- fournir une surface d'appui qui ne s'use pas facilement
- protéger la structure interne du pied
- maintenir l'hydratation du pied
La muraille du sabot est habituellement plus épaisse à la hauteur de la pince qu'au quartier et au talon. La muraille du sabot est recouverte du périople, sorte de vernis qui protège le sabot contre sa déshydratation.


Couronne

La muraille croît à partir de la couronne. La couronne est située directement au-dessus de la muraille du sabot et est protégée par une épaisse couche de peau et une multitude de poils drus. La pousse de la corne d'un pied en santé est d'environ 1 cm par mois. La vitesse de croissance peut varier selon la fréquence de travail, la ration, l'état de santé et de condition de l'animal. Une blessure à la couronne peut causer une croissance irrégulière de la muraille et l'affecter de façon permanente.
La pousse de la corne des membres postérieurs peut être plus rapide que celle des membres antérieurs. Des pieds non ferrés peuvent également pousser plus vite que des pieds ferrés. Les pieds des juments et des hongres semblent croître plus rapidement que ceux des étalons.


Sole

La sole du pied est constituée d'une plaque de corne qui protège les parties internes sensibles du pied. Elle doit être résistante, légèrement concave et de texture uniforme. Le cheval n'a aucune sensibilité à la surface de la sole (extérieur.)
La sole d'un cheval aux pieds plats est moins résistante et est plus exposée aux blessures. De plus, les chevaux qui ont souffert de fourbure et dont la sole du pied s'est affaissée, sont davantage sujets aux meurtrissures provoquant un abcès.


Fourchette

La fourchette est constituée d'une masse de tissu spongieux et élastique qui protège le coussinet plantaire. Elle sert également de surface d'appui pour supporter la pression qu'exerce le poids du cheval. Les branches écartées de la fourchette délimitent la sole par deux lacunes latérales.
L'état de la fourchette est généralement une bonne indication de la santé du pied. Sans des qualités d'élasticité, d'expansion et de bon appui sur le sol essentielles à son bon fonctionnement, la fourchette ne peut jouer son rôle de stimulateur de la circulation sanguine ni dans l'absorption d'impact des chocs.


Structure interne du pied

Afin de prodiguer des soins adéquats, il est important de connaître quelques-unes des parties internes importantes du pied ainsi que leurs fonctions.
La 3e phalange: donne la forme du pied et fournit la rigidité nécessaire pour soutenir le poids.
Coussinet plantaire: se dilate et se contracte pour amortir les chocs et repomper le sang du pied jusqu'au coeur.
Os naviculaire: sert de pivot et de point d'appui au tendon fléchisseur profond qui est responsable de la flexion du pied dans la foulée.
Tissu podophylleux: sert à l'adhérence de la muraille à la 3e phalange; c'est aussi la région principale de la circulation sanguine du pied.


Entretien quotidien des pieds

Les organismes pathogènes se concentrent dans les endroits où les animaux sont confinés; la propreté est donc importante. Les chevaux gardés dans une stalle ou en loge (box) doivent être curés ou nettoyés quotidiennement afin de réduire les risques de pourriture de la fourchette. Cette pourriture est le résultat de l'action des bactéries qui pénètrent au niveau et aux alentours de la fourchette, et causent une odeur nauséabonde et un ramollissement de la fourchette. Si elle n'est pas traitée, elle peut causer une boiterie difficile à éliminer et nécessiter un traitement de longue durée.
Les soins quotidiens comprennent l'utilisation régulière d'un cure-pieds pour le nettoyage des pieds. Une brosse métallique à poils doux est utile pour le curage de la sole, de la fourchette et de la muraille du sabot. Il est important d'éviter d'endommager la périople en exerçant une trop grande pression sur la brosse métallique, condition qui affecterait l'équilibre de l'humidité du pied.


Manipulation des pieds

L'apprentissage et la pratique de manipuler de façon prudente les pieds du cheval sont des étapes importantes dans l'entretien quotidien des pieds. Très jeunes, les chevaux devraient être entraînés à céder leurs pieds.
La plupart des chevaux ont été entraînés plus souvent à partir du côté gauche; on devra donc commencer avec le pied antérieur gauche. Frottez la jambe en descendant vers le pied avec votre main droite, pendant que votre main gauche reste sur l'épaule du cheval. Poussez cette épaule avec votre main gauche pour faire lever le pied.
Si le cheval vous résiste, pincez-lui le tendon. Placez votre main en avant du boulet tout en levant le pied. Placez le pied fermement entre vos genoux. Si le cheval se débat et veut retirer son pied, laissez-le faire. Il est impossible de retenir le pied antérieur d'un cheval qui se cabre. Recommencez la procédure jusqu'à ce que le cheval cède son pied volontairement.
Travaillez très près du cheval. Tirez le canon vers l'avant jusqu'à ce que le cheval cède son pied. Si vous sentez que les muscles sont tendus, procédez plus lentement. Passez rapidement votre jambe intérieure sous son pied lorsqu'il est levé et placez-le sur votre cuisse. Immobilisez-le en plaçant votre coude sur son jarret et en pointant vos orteils les uns vers les autres. Tenez le pied dans cette position de façon à vous libérer les deux mains pour travailler.


Nettoyage du pied

Lorsque vous curez le pied, utilisez un cure-pieds et nettoyez du talon à la pince, en insistant bien sur les lacunes latérales situées de chaque côté de la fourchette ainsi que sur la saillie de la fourchette elle-même. N'essayez pas d'ouvrir le talon trop en profondeur, ce qui risquerait d'affaiblir cette région et d'interférer avec la qualité de contraction et d'expansion du talon.
Après avoir monté à cheval, assurez-vous d'enlever tout gravier, ou autre corps étranger qui pourrait s'être logé dans les dépressions naturelles du pied. Un clou, du gravier, une petite branche ou tout autre débris peut adhérer au pied et causer une boiterie de longue durée. On a déjà vu des cas ou un débris incrusté dans le pied y était resté un an avant de ressortir, finalement par le talon ou le long de la couronne. Généralement, lorsqu'un corps étranger surgit près de la région de la couronne, une plaie se développe. Ce problème peut facilement dégénérer en infection grave.


Maintenir l'hydratation du pied

L'hydratation du pied du cheval contribue à maintenir sa souplesse et prévient le fendillement du sabot. La majeure partie de l'humidité nécessaire au pied sain et bien protégé est produite par le pied lui-même.
Des conditions extrêmement humides, comme sur des terrains boueux ou dans des stalles humides, favorisent le dessèchement rapide des pieds. Lorsqu'exposées constamment à des conditions humides, les huiles naturelles et la couche protectrice du pied s'éliminent. Les gros chevaux qui ont de petits pieds ont fréquemment des problèmes de déshydratation des sabots.
Afin d'assurer une hydratation normale du pied, on peut appliquer régulièrement sur le sabot, un apprêt à sabots contenant de l'huile animale telle que la lanoline. Si l'apprêt gras n'est pas un dérivé du pétrole, il peut être massé pour le faire pénétrer dans la couronne, la fourchette, et la sole, aussi bien que dans la muraille. L'apprêt aide à conserver la souplesse de la sole et à éliminer les tissus morts autour de la fourchette et du talon. De plus, le massage de la couronne stimule la croissance d'une nouvelle muraille saine.


Remplacement des fers désajustés ou vieux

Pour déferrer le pied, les rivets des vieux clous doivent être coupés ou redressés. Si le pied est déferré avant d'éliminer les rivets, il sera plus difficile d'enlever le fer et de plus, la muraille du sabot risque d'être endommagée. Les rivets peuvent être coupés à l'aide du brochoir ou être râpés. Utilisez une vieille râpe dont vous ne vous servez plus pour rétablir l'aplomb du pied. Placez la lame du brochoir en dessous du rivet et redressez-le en y donnant des petits coups de marteau. Si vous avez de la difficulté à commencer l'opération, redressez la pointe du rivet et utilisez le coin du brochoir le plus rapproché de votre main.
Si le côté fin de la râpe est utilisé pour enlever les rivets, il faut faire attention de ne pas endommager la muraille du sabot et enlever le revêtement qui préserve son humidité. Manipulez la râpe avec précaution pour ne pas endommager la couronne située à la partie supérieure du sabot. Si en râpant les rivets, vous râpez beaucoup plus haut sur la muraille du sabot, vous devez améliorer votre technique.
Pour enlever le fer, introduisez les tricoises sous le fer, au niveau du talon et poussez vers la pince. On répète l'opération sur le talon opposé, en travaillant toujours vers la pince, jusqu'à ce que le fer soit complètement libre. Évitez de tirer de côté pour ne pas étirer les tendons du cheval.
Si vous trouvez cette méthode difficile, complétez la première partie, puis replacez le fer sur le sabot, en exposant ainsi les têtes de clous. Vous pourrez alors retirer les clous un à un.


Résumé de l'entretien des sabots

- Commencez à parer les pieds dès que le poulain est à peine âgé de quelques mois.
- Gardez les pieds bien arrondis.
- Exercez le poulain sur un terrain sec pour favoriser une usure naturelle.
- S'il est gardé en stalle, râpez les pieds à toutes les 2 à 3 semaines.
- Nettoyez régulièrement les soles et les fourchettes.
- Ne pelez pas la sole, nettoyez-la seulement.
- A moins d'un excès évident, ne taillez pas la fourchette si elle est saine.
- Gardez le pied dans le prolongement et la même inclinaison que le paturon.
- L'angle des sabots avec le sol devrait être approximativement de 45 degrés.
- Râpez le bord tranchant de la muraille (excédent de corne) pour égaliser, le plus possible, la surface d'appui à l'épaisseur de la muraille.
- Ne râpez pas la partie extérieure de la muraille.
- Râpez toujours à partir du talon.

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MessageSujet: Re: Le soin des pieds   Sam 18 Sep - 22:04

Le parage conserve l'équilibre du pied

Bien qu'il ne soit pas nécessaire de l'effectuer aussi fréquemment que le nettoyage, le parage du sabot revêt une grande importance. L'intervalle normal entre les parages est de quatre semaines environ pour des chevaux gardés en stalle ou en enclos. Par contre, les chevaux fournissant un travail intensif ou gardés au pâturage ne requièrent un parage qu'aux six semaines environ.
Le but principal du parage est de conserver au pied sa forme et sa longueur normales. La plupart des personnes s'occupant de chevaux devraient être en mesure d'effectuer elles-mêmes le nettoyage, le déferrage et le parage des pieds avant l'arrivée du maréchal-ferrant.
On doit s'assurer que la base du pied puisse se poser d'aplomb au sol et que les parois intérieures et extérieures du sabot soient gardées de la même longueur. La hauteur normale de la face antérieure du sabot et du paturon est de 7,5 cm, celle du quartier, de 5 cm, et celle du talon, de 2,5 cm.
Avec des tenailles coupantes, on retranche d'abord de la muraille du sabot la corne superflue. Ensuite, on adoucit et on égalise la base du pied à l'aide d'une râpe. Il faut s'assurer que chaque coup de râpe soit amorcé au talon et dirigé vers la pince pour éviter la création de rugosités sous la muraille.
La ligne blanche visible sous le sabot constitue la marque externe du tissu podophylleux ou feuilleté compris entre la muraille et l'os du pied (3e phalange). Normalement, la sole a une épaisseur uniforme sur toute la surface du pied. De ce fait, il faut parer la sole de façon à lui garder sa forme naturelle, car un parage trop prononcé pourrait résulter en un amincissement et une sensibilité extrêmes de certaines parties.
Le parage de la sole vise à maintenir la pression sur la muraille du sabot plutôt que sur les parties sensibles situées au centre du pied. Il faut enlever de la sole tous les tissus morts et écaillés, mais épargner ceux vivants, identifiables à leur élasticité.
Ne pas tailler la fourchette à l'excès; elle doit toucher le sol à chaque pas. En fait, la taille se résume au retrait des tissus morts et au maintien d'une rainure adéquate et uniforme le long de la ligne séparant la sole et la fourchette.
Après le râpage de la surface d'appui en un plan uniforme et de longueur convenable, il faut arrondir le rebord de la muraille si le cheval n'est pas ferré de nouveau. Cette opération empêche l'éclatement et l'écaillement de la corne du pied heurtant les pierres, les souches ou d'autres obstacles.


Maintenir d'aplomb du pied

Maintenir l'angle approprié de la muraille du sabot par rapport à l'appui au sol et à l'inclinaison du paturon. Des fers laissés en place trop longtemps altèrent l'alignement du pied et du paturon, et il peut en résulter de la boiterie. Dans la mesure du possible, l'angle de la muraille du sabot devrait s'approcher de celui formé par l'épaule et le paturon, soit un angle de 45 à 54 degrés.
Puisque la muraille du sabot est plus étroite au talon qu'à la pince, le talon s'use en premier, que le cheval soit ferré ou non. L'usure des talons déplace une part supérieure de la pression exercée sur les pieds vers les tendons du membre. En quatre à six semaines, un angle de ferrage de 50 degrés peut baisser à 46 ou 47 degrés. Il en résulte une forte altération du mouvement du pied et une tension anormalement élevée sur les tendons et les ligaments.
À mesure que le sabot pousse, les parois du talon dépassent les limites du fer. Enfin, lorsque le fer s'appuie sur les barres du talon, le pied risque fort de développer des bleimes. Des fers dont on a négligé l'ajustement depuis longtemps peuvent même amener le cheval à se claquer les tendons en galopant. Le parage et l'ajustement réguliers des fers sont des opérations essentielles qui permettront d'éviter de tels problèmes.
En plus de différer d'une race à l'autre, l'aplomb des pieds montre de grandes variations entre les chevaux de la même race. En général, les races de chevaux « Western » ont des paturons plus abrupts et forment un angle plus grand avec le plan du sol que les autres. À moins que des corrections du sabot ne s'imposent comme c'est le cas du forger et du croiser, le parage doit garder au pied son angle naturel, car tout changement d'angle créerait un stress anormal sur une région ou une autre de la colonne osseuse du membre.
Faire un parage modéré des talons pour promouvoir leur expansion et empêcher leur contraction. L'objectif premier est une taille assez fréquente pour éviter le fendillement et l'usure inégale prédisposant à des anomalies des pieds et des membres. Avec un peu de pratique, la plupart des propriétaires de chevaux pourront parer sans aide les pieds dont l'aplomb est acceptable. Toutefois, pour les chevaux nécessitant un parage correctif, il est préférable de faire appel au maréchal ferrant afin de ne pas aggraver un défaut existant des pieds ou des membres.


Parage de correction

Les défauts d'aplomb les plus fréquents des membres antérieurs et postérieurs se traduisent par des chevaux dits cagneux (pieds tournés vers l'intérieur) ou panards (pieds tournés vers l'extérieur). Les autres défauts de conformation qu'améliore le parage sont : les talons hauts, les genoux argnés ou brassicourts, les genoux effacés ou creux, les jarrets coudés et de légères déviations de l'os du canon. Un parage soigné peut aussi corriger quelques vices d'allure tels que ceux manifestés par les chevaux qui forgent, croisent, butent et effleurent.
Les points les plus importants de l'entretien des pieds sont la régularité, la fréquence, la propreté et l'usage de bonnes mesures correctives.
- Le croiser: la pince du pied antérieur frappe le pied postérieur du même côté, au niveau de la couronne ou au-dessus de celle-ci.
- Le forger: vice d'allure du trot selon lequel la pince du pied postérieur vient heurter la base du pied antérieur du même côté, au moment où celui ci se soulève.
- Cagneux: vu de face, l'animal pointe ses pinces vers l'intérieur.
- Panard: vu de face, l'animal pointe ses pinces vers l'extérieur.
- Le buter: vice d'allure amenant le cheval à heurter une partie de la face intérieure d'un membre avec le pied ou le fer du pied opposé.
- Genoux brassicourts: le genou est dévié vers l'avant.
- Genou creux: le genou (carpe) dévie vers l'arrière, plaçant ainsi une tension excessive sur les ligaments.
- Jarret coudé: vu de profil, l'angle de la pointe du jarret est anormalement petit, de sorte que le cheval se tient sous lui à partir des jarrets.
- Effleurer ou atteintes: termes généraux se référant à des coups légers, spécialement lorsque le cheval bute ou forge.


Causes courantes de la boiterie

La présente section aborde quelques éléments de base concernant l'identification, les causes, le traitement et les conséquences des défauts courants entrainant la boiterie. Autant que possible, les renseignements sont présentés dans une forme pratique et dans un langage accessible au profane. Toutefois, pour que l'information soit exacte, il a fallu avoir recours à certaines notions d'anatomie, de physiologie et de conformation du cheval.
Selon le diagnostic émis, on prescrira un traitement particulier pour corriger la boiterie. Dans certains cas, le diagnostic sera fondé sur un simple examen physique par le vétérinaire. D'autres diagnostics, plus difficiles, nécessiteront des tests radiologiques spéciaux effectués dans un hôpital d'enseignement vétérinaire. Les traitements possibles varient du simple repos jusqu'à de complexes interventions chirurgicales, en passant notamment par le parage et le ferrage correctifs, les médicaments anti-inflammatoires, les bandages, les douches froides, l'acupuncture et la stimulation électrique. Il ne faut pas oublier que la solution à tout problème de boiterie repose d'abord sur la justesse du diagnostic et que le vétérinaire a l'expertise en ce domaine.
La plupart des cas de boiteries, en particulier celle concernant les membres antérieurs, touchent la région inférieure au boulet. Pour les membres postérieurs, le jarret est souvent affecté. Dans tous les cas, rechercher d'abord la cause au niveau du pied, puis remonter graduellement la patte.

Cailloux au pied

Il s'agit d'un problème inattendu survenant habituellement lorsque l'animal est au travail, en particulier sur les routes gravelées. Des cailloux se logent souvent entre le fer et la fourchette, causant ainsi un malaise considérable. On doit enlever immédiatement ces cailloux afin de réduire au minimum les blessures causées au pied.

Contusion de la sole

C'est une blessure causée directement à la partie plate du sabot (sole) par des cailloux, un terrain irrégulier ou un coup. Un ferrage inadéquat peut aussi en être la cause. Habituellement, le repos et le ferrage correctif suffisent pour résoudre un tel problème. Dans le cas contraire, il faut consulter le vétérinaire.

Bleimes

Les bleimes résultent de contusions affectant la partie de la sole comprise entre la barre et la muraille du sabot. Elles sont souvent dues à une ferrure inadéquate ou trop ancienne. Les bleimes appartiennent à l'un des deux types. On traite les bleimes simples, dites « sèches », en supprimant la pression anormale : enlever le fer, curer le pied en profondeur et remettre un fer 3/4, ou encore laisser le cheval au repos et sans fers, si possible. Pour leur part, les bleimes infectées semblent « humides » et du pus s'en écoule. Dans un tel cas, le vétérinaire doit être consulté.

Piqûre au pied

Les piqûres au pied sont fréquentes et peuvent causer une boiterie grave pouvant entrainer l'incapacité permanente ou même la mort si elles ne sont pas traitées convenablement. Comme toute autre plaie servant de voie de pénétration aux bactéries, elles constituent un grave danger d'infection prédisposant à certains troubles, tel le tétanos, et requièrent conséquemment l'intervention vétérinaire. La plaie peut former des abcès en moins de deux jours. Il est souvent difficile de déterminer l'endroit précis de la piqûre par simple examen visuel : une rénette ou couteau à sabot, un vérificateur de sabot et des radiographies peuvent faciliter la localisation et l'évolution de la blessure. La gravité des lésions dépend de la région affectée du pied, du genre d'objet responsable de la piqûre et de la présence éventuelle d'infections secondaires. Pour toutes les plaies de ce type, seule la visite immédiate du vétérinaire permettra d'établir la gravité des blessures et d'éviter des torts subséquents.

Seimes (fissures du sabot)

Les seimes, fissures du sabot comprises entre la couronne et la pince, résultent surtout du parage négligé et de la sécheresse de la corne. La blessure des tissus générateurs de corne, situés au niveau de la couronne, peut également causer de telles fissures s'allongeant vers la pince depuis le haut du sabot. Une boiterie grave apparaitra si des bactéries s'infiltrent dans les fissures et s'étendent aux tissus sensibles du pied, y causant ainsi l'infection. Il faut d'abord nettoyer et traiter la fissure, puis pratiquer un parage et un ferrage appropriés pour apporter quelque soulagement jusqu'à ce que la muraille du sabot repousse (environ 1 cm par mois). Les maréchaux ferrants et les vétérinaires obtiennent d'excellents résultats en enduisant de fibre de verre ou de plastique la muraille du sabot. En général, on empêche la formation de fissures par le parage périodique des sabots et en évitant le dessèchement et le durcissement de la corne. Le trempage régulier des pieds du cheval dans l'eau ou dans la boue permet habituellement à la corne des sabots de conserver toute sa souplesse. Bien qu'ils en favorisent l'hydratation, les onguents pour les pieds ne doivent être appliqués que sur des sabots desséchés. L'huile de « pied de boeuf » est excellente pour le traitement des sabots secs.

Pourriture de la fourchette

La pourriture est une infection bactérienne de la fourchette et de la sole des chevaux gardés dans des conditions insalubres. Les pieds affectés dégagent une odeur repoussante, et de la fourchette suinte un exsudat noirâtre. L'infection non traitée résulte en boiterie si elle atteint les tissus sensibles du pied. Le nettoyage et le parage adéquats du pied, ainsi que l'hygiène, élimineront la cause de l'infection. Le traitement consiste à curer et à parer le pied, puis à le désinfecter avec une solution de phénol ou d'iode. On peut aussi panser le pied avec du coton imbibé d'une solution à 15 % de sulfapyridine de sodium.

Fourbure ou laminite

La fourbure est une inflammation du podophylle, tissu reliant la muraille du sabot et l'os du pied (3e phalange). Les causes de la fourbure sont variables et souvent obscures. Parmi les plus reconnues, on retrouve :
- la suralimentation en grain;
- l'ingestion d'eau froide après un exercice;
- la rétention placentaire;
- l'embonpoint (en particulier chez les poneys de race Shetland);
- l'immobilité prolongée des chevaux gardés sur un pâturage luxuriant (surtout ceux de trèfle ou de luzerne).
Quelle qu'en soit la cause, les symptômes sont similaires. En début de maladie et au stade aigu, tant le sabot que la couronne deviennent chauds; le plus souvent, le cheval sue et refuse de marcher. Comme les membres antérieurs lui causent habituellement le plus de douleur, le cheval est « campé du devant » (membres antérieurs poussés vers l'avant) et « sous lui du derrière » (membres postérieurs avancés sous son corps). Dans les cas où les quatre membres sont atteints, le cheval rapproche ses quatre pattes sous le corps, comme s'il tentait de se tenir en équilibre sur un baril.
La fourbure chronique se caractérise par des sillons fort prononcés à la surface de la muraille et par l'affaissement de la sole (sa courbure s'affaiblit). Dans les cas graves, il arrive que l'os du pied transperce la sole. Le cheval affecté peut passer la majeure partie de son temps en position couchée. En cas de fourbure chronique, le cheval en mouvement fera des efforts marqués pour poser son talon en premier.
Le traitement précoce de la fourbure varie selon la cause. Dès qu'on soupçonne une affection de fourbure, il est très important d'appeler sans tarder le vétérinaire. Jusqu’à ce que celui-ci arrive, il convient d’exercer le cheval avec modération.
Grâce à des soins de pieds convenables, les chevaux atteints de fourbure chronique mais légère peuvent servir à la plupart des travaux.

Maladie naviculaire

La maladie naviculaire désigne une boiterie des pieds antérieurs due à une blessure causée à l'os naviculaire. Cette boiterie très courante frappe surtout les races portant des vices de conformation (génétiques). Tous les vices de conformation tels les paturons abrupts, les épaules trop droites et les pieds trop petits affectent le mécanisme d'amortissement des chocs des membres antérieurs et prédisposent le cheval à la maladie naviculaire. Pour cette raison, l'exercice intensif du cheval sur une piste dure augmente sa probabilité d'être atteint de la maladie. Les chevaux qui en souffrent boitent généralement des deux membres antérieurs. Ils ont tendance à pointer les pieds en alternance, c'est-à-dire à s'appuyer sur chaque pied avancé à tour de rôle, afin d'alléger la pression exercée sur chacun et de réduire la douleur. Au début de la maladie, la mise au repos du cheval peut chasser les symptômes, mais la boiterie recommence dès la reprise des activités. À mesure que l'affection progresse, les pieds affectés s'atrophient, leurs parois deviennent plus abruptes, les talons se contractent, la fourchette rapetisse et le cheval essaie de réduire la douleur causée par la marche en s'appuyant sur la pince au lieu du talon. Un ferrage correctif, des analgésiques et une névrectomie (sectionnement des nerfs desservant le talon) prolongent l'utilité du cheval. Pour être justes, le diagnostic et le traitement doivent reposer sur un examen radiologique de l'os naviculaire du sabot du cheval. Toutefois, à l'heure actuelle, on ne dispose d'aucun traitement satisfaisant pour cette affection.

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